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ADOPTER UN ANIMAL QUI A VÉCU UNE CATASTROPHE OU DE MAUVAIS TRAITEMENTS, ÇA IMPLIQUE QUOI ? (Conséquences des traumas psychologiques chez les animaux)

INTRODUCTION
L’utilisation de chiens d’assistance pour aider les personnes souffrant de trouble de
stress post-traumatique (TSPT) est bien documentée. Pour ceux qui voudraient en savoir
plus sur le sujet, nous vous recommandons d’écouter une des chroniques du Dr Gauvin soit celle du 12 mars 2018 à l’émission Les Éclaireurs. Nous avons ajouté le lien sur site de l’émission. Cependant, que savons-nous du TSPT chez les animaux ? Est-ce que ça existe ?
Si ça existe, doit-on s’inquiéter d’adopter un animal qui en souffre ?

Selon le Dr Frank D McMillan, qui est vétérinaire et spécialiste en bien-être animal,
plusieurs études ont démontré l’existence de TSPT chez les animaux.
Plusieurs rapports décrivent des signes de stress post-traumatique chez les survivants
canins et félins de l’ouragan Katrina. Les signes signalés chez les animaux étaient :


 graves changements de personnalité ou de tempérament,
 nouvelles phobies,
 léchage de la patte
 dépression ;
 tremblements,
 salivation excessive,
 comportement agressif,
 selles molles,
 vomissements,
 manque d’appétit,
 élimination inopportune,
 évitement des personnes
 tremblements pendant le sommeil ;
 peur perpétuelle des tempêtes
 nervosité
 peur
 du comportement agressif en réponse à des événements
rappelant le traumatisme, tel que des vents violents, la pluie ou la
précipitation.

Dr McMillan mentionne que plus récemment, plusieurs articles parus dans les dans les
médias et des rapports scientifiques ont décrit des signes cliniques chez des chiens de
travail militaires qui ressemblent beaucoup aux signes observés dans le TSPT humain.
Des changements comportementaux extrêmes ont été observés dans environ 5 % des
chiens après une exposition au combat et à des événements violents en Irak et en
Afghanistan. Le diagnostic reposait sur le fait que les chiens n’avaient pas présenté de
symptôme avant leur déploiement dans les zones de guerre ou avant.
Dr McMillan rapporte plusieurs autres exemples semblables à ceux-ci.
Il y a beaucoup d’articles scientifiques qui se servent des animaux comme modèles pour
les études sur le TSTP.
La communauté scientifique est unanime à dire que le TSTP existe chez les animaux.

EXEMPLES (5) DE TRAUMA PSYCHOLOGIQUES
CHEZ LES ANIMAUX DE COMPAGNIE

  1. Catastrophes naturelles – perte de l’environnement familial et des liens sociaux,
    y compris souvent des traumatismes physiques
  2. Sévices — de nature physique ou émotionnelle
  3. Multiples changements de foyer — implique des perturbations répétées des
    événements de la vie et des relations sociales, empêchant l’établissement d’une
    base sécurisée et un sentiment de stabilité
  4. Combats — combats organisés de chiens comportant des traitements abusifs,
    stress d’entraînement, blessures physiques graves
  5. Service militaire — exposition au combat et aux explosions, travail de recherche
    et de sauvetage, travail de police

Avant de répondre à la question sur les implications de l’adoption d’un animal de
compagnie ayant souffert d’une catastrophe ou d’un stress important, nous devons
savoir quelles sont les conséquences de cette exposition à un stress important.

CONSÉQUENCES D’UNE EXPOSITION À UN
STRESS IMPORTANT

Tous les animaux ne réagiront pas nécessairement de la même manière. Exemple, ce ne
sont pas tous les chiens qui sont allés en Irak et en Afghanistan qui ont souffert de TSPT.
Les animaux qui proviennent de certaines lignées génétiques les prédisposent à des
conséquences qui peuvent être plus dramatiques (exemple : lignée de chiens anxieux,
de chats non socialisés…).

  1. Anxiété généralisée (animaux très réactifs)
  2. Anxiété de séparation et ses conséquences (destruction, hurlements,
    élimination inopportune…)
  3. Agression reliée à la peur
  4. Phobies (sons, orages, humains, animaux…)
  5. Hyper vigilance
  6. Perte d’appétit
  7. Signes gastro-intestinaux
  8. Automutilation (oiseaux +++)…

Finalement, on peut répondre à la question initiale :

ADOPTER UN ANIMAL QUI A VÉCU UNE
CATASTROPHE OU DE MAUVAIS TRAITEMENTS,
ÇA IMPLIQUE QUOI ?

  1. Adopter un animal qui souffre de TSPT implique beaucoup de travail de la part
    du propriétaire et de la part du patient. La thérapie peut être très longue.
    Beaucoup d’âmes charitables croient pouvoir le réussir, mais souvent ne
    réalisent pas la quantité de travail qui est nécessaire à la guérison du patient.
  2. Ces animaux sont traitables, mais la pilule magique n’existe pas.

Certains médicaments vont aider les patients à être plus réceptifs à une thérapie
comportementale, mais seuls, ils sont inefficaces.

  1. Certains animaux sont plus difficiles à traiter que d’autres, à cause de leur
    génétique ou à cause de l’espèce (perroquets).
  2. Dans bien des cas, de multiples consultations avec des spécialistes en
    comportement sont nécessaires afin d’espérer une guérison de même qu’une
    évaluation avec son vétérinaire régulier afin de cerner les comorbidités
    possibles. Donc ça peut représenter des coûts plus ou moins importants.
  3. Autant pour les vétérinaires que pour les propriétaires d’animaux, il s’agit d’une
    condition médicale très frustrante qui comporte son lot de découragement et
    d’échecs.

CONCLUSION
Adopter un animal qui souffre d’un trouble de stress post-traumatique n’est pas une
sinécure, mais pour ceux qui s’en donnent vraiment la peine, ça peut sauver des vies.

Liens et références

LES CHIENS D’ASSISTANCE QUI VIENNENT EN AIDE AUX VICTIMES DE TROUBLE DE
STRESS POST-TRAUMATIQUE (TSPT)
Chronique de Dr Gauvin aux Éclaireurs, 12 mars 2018.
https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/les-eclaireurs/episodes/402503/audio-
fil-du-lundi-12-mars-2018

Étude étudiant un syndrome post-traumatique chez les rats, suivant une explosion
PTSD-Related Behavioral Traits in a Rat Model of Blast-Induced mTBI Are Reversed by
the mGluR2/3 Receptor Antagonist BCI-838
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5790754/

The ethanolic extract of Aralia continentalis ameliorates cognitive deficits via
modifications of BDNF expression and anti-inflammatory effects in a rat model of post-
traumatic stress disorder.
https://bmccomplementalternmed.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12906-018-
2417-0

Post‐traumatic stress disorder and beyond: an overview of rodent stress models
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5618668/

Psychological Trauma in Animals
World Small Animal Veterinary Association Congress Proceedings, 2018

Si jamais vous avez des questions, n’hésitez pas à communiquer avec un membre de l’équipe médicale de la Clinique (514-634-4190), qui se fera un plaisir de vous assister.

À propos de la clinique : La Clinique Vétérinaire Lachine offre un service personnalisé hors pair aux propriétaires d’animaux de compagnie de Lachine, LaSalle, Dorval et Pointe-Claire, mais aussi de tout l’Ouest-de-l’Île de Montréal (West Island) et de Laval, et ce, depuis 1982.