Les cailloux: dans le jardin, pas dans le chien!

Il y a deux semaines, une cliente présente son schnauzer miniature à la clinique. Elle a vu du sang dans son urine. Une seule fois. Aucun autre signe n’a été noté. La vétérinaire qui est en devoir cette journée-là effectue un bon examen physique et ne décèle rien de particulier. Des radiographies de son abdomen révèlent alors la présence d’une quinzaine de cailloux dans sa vessie. La taille des pierres varie de 2 à 5 mm de diamètre. Une analyse d’urine confirme une infection, mais ne permet pas de déterminer l’origine de ces cailloux.

Calculs retirés de la vessie d'un chien.

Calculs retirés de la vessie d’un chien.

Le chien en question a subi une chirurgie. Il doit tellement se sentir mieux aujourd’hui! Nous avons retiré 17 calculs aux arêtes assez tranchantes, qui avaient gravement blessé sa vessie. Aussi curieux que ça puisse paraître, c’est clair que les cailloux étaient dans sa vessie depuis un certain temps. Premièrement à cause du nombre et deuxièmement à cause de l’apparence de la vessie: enflée et très rouge. Mais malgré tout le chien ne s’était jamais plaint et seule la présence de sang dans son urine avait mis la puce à l’oreille de la propriétaire.

Nous avons fait parvenir les calculs dans un laboratoire spécialisé afin de déterminer de quoi ils sont composés. Avec ces résultats, nous pourrons établir un plan thérapeutique et préventif adéquat.

Mais comment se fait-il qu’un chien puisse faire des pierres dans sa vessie? Il n’y a pas de réponse facile à cette question. Premièrement, nous devons penser à la race. En effet certaines races ont plus tendance à faire des pierres vésicales que d’autres. Il semble donc y avoir une filière génétique, au moins pour certaines lignées. Cependant, toutes les races sont susceptibles d’en développer.

À part la race, les infections urinaires non diagnostiquées et donc non traitées favorisent la formation de calculs vésicaux. Si jamais vous notez que votre chien urine plus fréquemment qu’à la normale, consultez rapidement votre vétérinaire. Ça va soulager votre animal rapidement sans que vous ayez à le faire opérer.

Un autre facteur qui semble jouer un rôle important dans la maladie est la diète. Dans le milieu vétérinaire, certaines diètes sont reconnues pour être plus calculogéniques (qui entraîne la formation de pierres dans la vessie) que d’autres. La règle générale est de ne pas lésiner sur la qualité et donc le prix de la nourriture que vous offrez à votre chien. Évitez les nourritures sans noms dont l’origine est inconnue. L’American College of Veterinary Nutrition possède un excellent site internet, malheureusement seulement en anglais, et qui regorge d’information supplémentaire sur l’alimentation des animaux. Cet organisme est complètement indépendant de toute pression de l’industrie et conséquemment peut être consulté avec confiance.

Votre vétérinaire peut aussi vous renseigner adéquatement. Ils sont tous propriétaires d’animaux de compagnie comme vous. Demandez-leur qu’elles sont leurs nourritures préférées.

Un autre truc qui aide à prévenir la formation de calcul est de stimuler votre chien à boire le plus possible. Offrez-lui de l’eau fraîche et changez là souvent. Ajoutez un peu d’eau aux croquettes. De temps à autre, offrez-lui un peu de nourriture humide à laquelle vous pourrez ajouter un peu d’eau.

Si jamais par malheur votre chien souffre de calculs urinaires, la chirurgie est-elle la seule solution? Pas nécessairement. Grosso modo, deux sortes de calculs sont plus fréquemment rencontrés chez les chiens et les chats. Les struvites et les oxalates. Dans certaines situations particulières, il est possible de faire dissoudre les struvites, grâce à une nourriture spécialisée. Malheureusement, les chiens qui ont des calculs d’oxalates dans leur vessie doivent tous être opérés. Il est impossible de les dissoudre.

Après une cystotomie (chirurgie qui consiste à retirer des calculs d’une vessie), il est primordial de suivre un programme de médecine préventive rigoureux, qui sera personnalisé pour votre animal en fonction du type de cailloux extraits. Changements alimentaires, examens physiques, radiographies et analyse d’urine périodiques. Lorsqu’aucun changement n’est effectué, le taux de récidive est presque de 100 %.

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